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CHEMINEMENT

  • Partage d'expériences

    Vous avez pris conscience de l'impact de vôtre façon de consommer, sur vous-mêmes et vos proches, mais aussi sur la planète et le monde en général, vous avez envie de changer pour un mode de consommation plus éthique, plus sain, mais vous ne savez par quoi commencer, vous avez du mal à trier dans la surinformation, vous ne connaissez pas bien toutes les alternatives, vous avez du mal à vous détacher de certaines habitudes ?

    Vous avez envie de réapprendre la simplicité, de savoir comment mieux prendre soin de vous et de vos proches ? Vous voudriez vous réapproprier votre façon de participer au monde, être moins dépendant, vous reconnecter avec la nature ? Vous vous posez beaucoup de questions mais n'avez pas le temps d'aller chercher toutes les réponses ?

     

    J'avais créé ce blog il y a longtemps dans l'idée d'inventer un métier, un accompagnement personnalisé à la transition, au changement, au mieux vivre mais très vite je me suis dit : qui suis-je pour vouloir conseiller qui que ce soit sur quoi que ce soit contre rémunération ? Et ma démarche devenait déjà incohérente.

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  • Simplicité joyeuse et volontaire

    La simplicité joyeuse et volontaire

    Comme je la vis et l’ai vécue avant même de l’avoir nommée, c’est savoir apprécier ce que l’on a, quels que soient nos moyens et ceci sur tous les plans. Pas dans l’idée d’une discipline qu’on s’impose, d’une vertu à cultiver, non, pas d’efforts qui finiront par nous dégoûter, nous révolter et nous faire retomber plus bas qu’au départ, mais une sorte d’initiation à l’essence du plaisir. C’est apprendre à regarder les choses à la loupe et à amplifier nos sensations.

    Lorsqu’on passe près d’une plante à toutes petites fleurs, souvent elle est tellement insignifiante qu’on ne la remarque pas ou à peine, mais si on prend le temps de se pencher et de la regarder de près, alors se révèlent des trésors de nuances, de finesse, de beauté. C’est pourquoi j’aime faire de la macro en photo. En macro une punaise devient un joyau, mais la macro, c’est aussi une façon de voir que l’on peut appliquer à tous les domaines de notre vie.

    Pas seulement pour aller remuer ce qui ne va pas, ce qui manque, ce qui fait mal, ça on sait tous le faire et il faut parfois le faire, mais pour aller arroser les minuscules graines de joie inconditionnelle qui n’attendent que notre attention pour s’épanouir. Pas se forcer à être d’un optimisme béat ou se voiler la face, bien au contraire, plus on sait apprécier le minuscule, plus on voit aussi la moindre petite ombre triste de ne pas être prise en compte elle aussi. La vie est faite d’ombres et de lumière et les deux sont nécessaires pour prendre conscience, terme emprunté au latin classique « conscientia », la « connaissance en commun », donc quelque chose qui va au-delà de l’individu, quelque chose que nous partageons et devons alimenter autant que possible  afin que l’humanité dans son ensemble puisse évoluer. Ainsi la simplicité joyeuse et volontaire pourrait s’apparenter à une sorte de travail d’alchimiste, en plongeant dans l’infiniment petit, on dégage les éléments les plus élémentaires du réel et il nous est alors possible parfois de transformer le plomb en or.

    Peut-être par exemple, que comme moi, vous n’avez pas les moyens de partir en vacances, ou alors seulement un jour par ci par là, voire deux ou trois jours consécutifs une fois tous les dix ans, c’est mon cas, mais finalement la notion même de vacances ne veut plus dire grand-chose si on vit pleinement sa vie et tout ce que l’on y fait au quotidien. Si on part ailleurs une seule journée, il est tout à fait possible de savourer ces moments comme s’ils étaient interminables. Un jour égale trois semaines avec le stress des préparations de longues vacances en moins. Chaque seconde, chaque minute alors, se déploient, prennent une saveur incroyable, tout devient intéressant, agréable, beau, le moindre détail est agrandi et révèle ses merveilles. On peut vraiment appliquer ça à n’importe quel domaine de notre vie, y compris à celui de nos relations, ainsi qu’à chaque période de notre vie. Imaginez quel trésor pourrait être le temps de la vieillesse avec cette façon de voir et de la vivre, à condition bien-sûr d'avoir la santé. Or la simplicité joyeuse et volontaire est une bonne façon de préserver sa santé.

    Au lieu de courir sans cesse après quelque chose, d’essayer de retenir les choses ou de les figer, de se gaver, d’être dans une sorte de boulimie de plaisirs, de loisirs, de reconnaissance, de sécurité, pour au final cultiver une frustration souvent permanente de tout ce qui nous est impossible, inaccessible ou refusé dans l’instant ou en général, nous pouvons agrandir tout ce qui nous entoure, approfondir toujours plus. L’infiniment petit n’a pas plus de limites que l’infiniment grand, sans parler des univers qui sont en nous. Savoir vivre l’instant présent, être dans l’instant présent, ne pas trop laisser nos pensées nous embarquer n’importe où, ne rien regretter d’hier (ça ne sert à rien et puis hier a nourri nôtre expérience présente, remercions-le), de ne pas avoir peur de demain (ça ne changera rien). S’accepter aussi ici et maintenant, tel que l’on est, là où l’on en est, être fluide, laisser venir les humeurs, les émotions, les sensations, ne pas les juger, ne pas les bloquer mais ne pas s'accrocher à celles qui sont désagréables, les reconnaître, elles ont le droit elles aussi de passer. Les laisser et comme des nuages, elles finiront par s’effilocher. Attention à ne pas se croire supérieurs ou plus forts qu’elles cependant, elles ont un travail à faire elles aussi avec nous. Trop souvent on se trompe sur la « pensée positive », il ne s’agit pas d’être parfaits ou de ne soucier de rien mais d’être ce que nous sommes instant après instant et nous sommes changeants, impermanents, nous sommes nuages et sommes aussi le ciel.

    Nous n’avons pas fini de découvrir des trésors en nous et plus nous découvrons de trésors en nous, plus nous pouvons les voir chez les autres. Nous ne pouvons voir chez les autres que ce que nous connaissons déjà, nous ne comprenons les autres qu’au travers de notre propre prisme, notre propre réalité alors plus on déploie notre réalité, plus il y a de la place pour les autres, tous les autres, changeants nuages dans le ciel de l’ici et maintenant.

    La simplicité joyeuse et volontaire, ce n’est pas seulement consommer bio et moins gaspiller. Chacun de nos gestes, de nos pensées agissent dans plusieurs dimensions et la symbolique est tout aussi effective et agissante que les autres. Cela devient donc une sorte de philosophie pratique et spirituelle, ascétisme et hédonisme fusionnent, une simple bouchée de nourriture devient un festin, un parfum, un souffle d’air, une musique peuvent provoquer un orgasme sensoriel ou une illumination. Tous sens sont en éveil, nous découvrons leurs capacités d’extension insoupçonnées et nos capacités toutes aussi insoupçonnées pour faire face aux épreuves, à ce qui semble adversité, voir au-delà des apparences.

    En simplifiant nos vies, nous arrivons à distinguer nos satisfactions réelles de celles qui nous sont présentées comme indispensables. Cela peut remettre en question bon nombre de ce que l'on croit être évidences concernant nôtre statut social par exemple, notre vie professionnelle, l’image que l’on pense devoir donner de soi. On se rend compte déjà que ce n’était que des croyances dont on avait hérité sans même s’en apercevoir de notre milieu familial, social, amical même. Nous ne gardons alors que celles qui restent d’elles-mêmes parce qu’elles sont justes. Notre détecteur de mensonges que l’on se fait à soi-même, s’affine de plus en plus et comme la simplicité réduit nos besoins, nous découvrons de plus en plus d’espaces de liberté, de possibles.

    Quand on commence à s’engager sur ce sentier de simplicité joyeuse et volontaire, on fait rarement demi-tour. Nous ouvrons grand toutes les portes, les fenêtres, voire nous faisons tomber des pans de murs, nous savons que même avec un strict minimum, notre regard positionné en macro, nos sens démultipliés et notre source intarissable de joie inconditionnelle, nous offrent absolument tout ce que l’on pourrait souhaiter.

     

    21 juin 2017

     

     

    (suite) La simplicité joyeuse et volontaire ce n'est pas seulement faire des choses mais c'est aussi et surtout ÊTRE. Faire autant que possible des choix qui nous permettent d’être plutôt que de paraître, donc que ce soit sur le plan pratique et matériel ou moral, toujours se poser la question de l'utilité, du sens de ce qu'on l'on fait, de ce que l'on achète, de ce que l'on possède, de ce que l'on pense, de ce que l'on dit. L'utilité au sens large et le sens et l'impact des choix que nous faisons, comment nous utilisons nôtre temps et quelle place nous laissons dans notre vie pour l'essentiel. Ce qui veut dire déterminer déjà qu'est-ce qui est réellement essentiel pour nous et là nous trouverons d'une part, tout ce qui est essentiel communément à la plupart des êtres humains et puis ce qui nous est essentiel à nous personnellement et particulièrement. Pour déterminer cela, il faut se connaître au-delà de ce que nous avons appris, au-delà de ce que nous pensons devoir être ou faire, au-delà de ce que nous pensons devoir prouver et au-delà des attentes que nous pensons être nôtres ou celles des autres qui nous entourent et de la société elle-même. Pour se connaître en profondeur, il faudrait en quelque sorte d'abord se dévêtir de tout costume, masque, rôle, parure et désapprendre même peut-être tout ce qu'on croit savoir. 
    La simplicité joyeuse et volontaire se vit dans notre quotidien de façon pratique mais aussi à l'intérieur de nous-mêmes, c'est très important pour justement commencer à faire des choix de plus en plus cohérents et que l'ensemble de notre vie tende vers une réelle densité, prenne sens, quel que soit le contexte, les conditions extérieures. C'est une forme de philosophie et c'est même spirituel, ou disons plutôt holistique, le terme "spirituel" étant trop galvaudé. Il y a comme une résonance qui se créé entre comment nous vivons, ce que nous faisons et ce que nous sommes en profondeur, une adéquation qui favorise une paix intérieure. Cela prend du temps mais plus on avance sur cette voie et plus les choses se mettent en place d'elles-mêmes, se simplifient dans le bon sens du terme. Nos existences sont moins polluées tout comme notre corps et notre mental, c'est une forme de lâcher-prise avec une conscience qui s'affûte toujours plus et il est difficile, voire impossible de retourner en arrière. Cela doit être une ouverture et non pas une fermeture, la discipline – au sens art de vivre – qui se met en place ne doit pas devenir un dogme. C'est pourquoi j'insiste sur le terme "joyeuse", pas qu'on doive être béat en permanence, c'est impossible mais c'est un état intérieur qui nous relie peu à peu à la source d'une joie inconditionnelle. Inconditionnelle, c'est important. Une sorte d'évidence qui nous met en paix avec nous-mêmes mais aussi avec les autres qui cheminent, chacun à leur rythme. Il y a un conte amérindien qui parle de maïs, différentes sortes de maïs, certaines poussent très vite, d'autres très lentement mais toutes sans exception parviennent à maturité, c'est ça qui est important, c'est que toutes et tous, quel que soit le temps que ça prend, nous mûrissons et ceux qui vont plus vite peuvent aider et encourager ceux pour qui il faut plus de temps. Chacun.e doit faire à son rythme, ses propres expériences.

     

    29 janvier 2018